20 déc. 2010

L'enfance

Mon ami,
s'il te plait dis lui,
qu'elle me manque parfois,
malgré moi
s'il te plait parles moi d'elle,
dis moi comment vas-elle
as tu des nouvelles
devines dans mes mots
que je veux tout savoir,


S'il te plait, ne me parles pas de toi,
faisons le une autre fois,
s'il te plait, toi qui me connais si bien,
je veux juste que tu me parles d'elle,
d'elle et de moi,
de tout ce temps sans nouvelles
savoir ce qu'elle est devenue
Penses t'elle à moi ?

te semble t'elle triste ?

S'il te plait mens moi,
si elle est heureuse tais le moi
dis moi qu'elle est perdue,
qu'elle me cherche,
dis moi qu'elle me hais
comme moi je le fais,

Mon ami, s'il te plait dis lui,
que je bluffe, qu'elle est en moi
que je me souviens de son parfum,
de son regard plein de tendresse,
de ses mains, de nos balades,
de nos sourires, de nos disputes,

s'il te plait dis lui
qu'elle me manque souvent,
mon enfance

Retour aux sources

Je dois avoir 15 ans sur ce canapé défraichi... je suis entourée de mes frangins, plus jeunes... ils regardent comme TOUT les jours la télé, je les accompagne parce que je m'emmerde, j'ai rien d'autre à faire de toute façon... Pas vraiment de souvenirs précis, je mentirai... une ambiance, des sensations, l'ennui qui transpire, s'échapper un peu à travers la télé... Mon frère est fou des dessins animés japonais tellement décriés, mes soeurs rêvent d'être l'amie d'hélène en cachette... ça ne se dit pas, ça ne s'avoue pas mais tout le monde regarde...


Mes frangins, ces enfants ne sont pas n'importe qui s'il vous plait... ils sont membres du club dorothée... ils ont la carte et leurs noms défilent au générique de fin de l'émission quand la bougie vient se poser sur le gateau... Ouaip, la classe internationale même si dorothée les a oubliés plus d'une fois... py faut être balaise pour lire les noms, ça défile vite... mes frangins ont pleins de jumeaux... Dorothée, celle qui a était présente plus que nos parents pour certains, Dorothée qui squattait nos baraques, les mercredis après midi, le soir après l'école... depuis tellement d'années...

puis le temps passe,

chacun sa vie,

dorothée disparait des écrans... nous on prends des centimètres, des seins, du cul, des kilos, des soucis, des joies, on fait des enfants, on bosse... Mon frère reste fan des trucs japonais, nous les filles ont garde en secret toujours un peu le coeur midinette

philippe des 2be3 est mort, candy a toujours les yeux trop grand mais c'est à cause des médocs

ainsi va la vie...

Puis arrive ce jour ou me balade sur vente privée.com, comme chaque matin...

il y a des places de concert de dorothée en vente, elle se fait Bercy... bon apparemment c'est dur de le remplir alors les places se bradent, c'est l'occaze ou jamais... "ting ting" dans ma tête, je propose à mon frère et ma soeur d'y aller, j'me dis que ça serait sympa une petite soirée en souvenir de notre enfance pourrite...
Comme prévu, mon frère évidmement ne veut pas, il peut pas, mais ma soeur pourquoi pas... point de suspension... Trois point de suspension que des copines effacent en proposant de s'y associer...
Finalement, je valide 5 places,

On attends le jour J.... qui arrive enneigé... les rues sont blanches, nous aussi... Galère pour s'y rendre, on ne sait même pas si on pourra revenir... on s'en fout, Bercy nous accueille...

je lis ici et là que c'est un bide,
je lis ici et là des remarques moqueuses...
Moi tout ce que je sais, c'est qu'on s'est marrées, nous on a chantées, dansées, on a criées souvent,

nous n'étions pas les plus fans mais nous étions là, mère de familles chantant à tues têtes,
oubliant quelques heures nos impots, nos boulots, nos dodos parfois difficiles,
nous étions là, avec nos regards de gamines, nos regards de copines,
Une jolie soirée, un joli délire,
Vive Dorothée,




11 nov. 2010

Pensées sportives



Assisse sur le sol d'un gymnase qui pue l'effort, j'attends ma fille qui inaugure son premier cours de judo de l'année...
Je pourrais rentrer chez moi, au bout de la rue, mais je ne le fais pas parce qu'il pleut à verse et que je ne suis pas étanche...
Le gymnase, vide me donne le sentiment d'être seule au monde... je profite de ce petit moment d'éternité pour sortir mon petit carnet... Le clapotis des gouttes sportives sur le toit me fait frissonner... flip, flop... Au loin, dans une salle, le prof de judo donne ses ordres....
Ces bruits, ces odeurs, leurs échos si singuliers à l'endroit me transportent il y a quelques années en arrière... Petit bond à pieds joints dans une enfance de plus en plus lointaine...
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Nous sommes un samedi, il est 13h05 et comme toute les semaines, j'arrive à la même heure au gymnase du village... Je me suis échappée de chez moi, de cette maison ou je me sens si mal... Comme tous les samedis, j
e me suis assisse devant la pendule à attendre que la grande aiguille vienne me délivrer de ma prison pas dorée... 
Treize heures... enfin... je peux partir... m'envoler, m'enfuir, m'exiler avec l'autorisation de ma folcoche et l'obligation d'être revenue à 18h30... Pas 31... sinon c'est l'engueulade assurée... Pas 29... ça c'est moi qui m'y refuse... Une minute dehors, c'est une minute de liberté... un ordre de moins à recevoir...
Il est donc 13h05 environ quand j'arrive au gymnase... le rendez vous des jeunes du bled...
Évidemment je suis la première au rendez vous que je me suis fixée et je vais rester seule un bon moment... Les autres arrivent bien plus tard.. A 13h00, ils mangent encore en famille... En attendant, en les attendant, je glande... Le samedi, j'ai mes habitudes, je sais que dans une des salles du haut, il y a un cours de GRS.. Je le sais car tous les samedis, je vais assister au cours...je m'assois dans un coin et je les mate... la prof, qui commence à me connaître, me laisse regarder les cours... Une fois de plus, je fais le caméléon, je deviens transparente pour ne pas déranger... Pas une fois, la prof ne m'a invité à venir participer, j'étais là tous les samedis pourtant... bien plus à l'heure et fidèle que certaines... mais bon...
Quand il n'y a pas de cours, je reste seule devant le gymnase... je lis, j'écris... qu'il fasse beau, qu'il pleuve, je suis là... je fais partie du décor... Ici, je suis LIBRE... c'est mon moment à moi...
Ce même moment que je suis en train de revivre là en écrivant ces lignes...
Des jeunes depuis tout à l'heure ont envahis le gymnase pour un cours de Volley Ball, je n'y suis plus seule et tous m'ont regardés avec des yeux bizarres et ont tentés un timide bonjour... Ils doivent se demander ce que je fais là recroquevillée dans mon coin... à mon âge, on s'assoie sur une chaise sans doute ?
Le gardien qui est venu me voir plusieurs fois pour parler de la pluie et du beau temps m'a proposé une partie de ping pong... Trop tard mec... T'arrives 20 ans trop tard..

10 nov. 2010

Ma valise en carton...



Hier au boulot grosse livraison de cartons remplis qui encombrent le couloir mais je passe devant sans les voir...


Aucunes émotions particulière, aucunes pensées tordues, tout va bien, la vie est belle...

Une collègue me rejoint, et dit (juste) "tiens je vais en ramener un pour mon fils..."

Elle rajoute "Il adore jouer avec les cartons"!

...

...

Trop tard mais trop tard je met les mains devant mon visage puis devant le sien, je crache 2 fois par terre, et je bouche mes oreilles...je siffle sssshhhhhhhh...

Trop tard... la transformation est immédiate... Je me sens basculer du côté obscur...

Il faut que je partes, il faut que je parte... C'est donc super étonnée de ne pas y avoir pensé tout seule, spécialiste du ramenage de connerie à la maison, de récup en tout genre que je pars me planquer dans mon bureau tentant de fuir cette foutue phrase... Makachewalou... la chiennasse m'a suivi et s'est mise à grimper sur mes sentiments... "fils, carton, maison, heureux, enfance, souvenirs"... Ils raisonnent en moi ces mots, me percute, me gratouille de la moelle à l'aorte...Foutue que j'étais, complètement encerclée... mise en route du circuit, emballement du palpitant, le cœur maternel qui se gonfle... bref, malgré moi je me suis entendue dire "OHHHH MOI AUSSIIIIIIIIIIIIIIIIIII"...

Juré, craché, je me suis maudite tout de suite, j'ai détesté m'entendre, je suis si faible ! Je suis revenue désabusée et consciente qu'après ça je ne guérirais plus, avec cutter et ciseaux et je me suis emmerdée à vider le carton, à le dé scotcher, à le plier, à me couper les doigts... py comme je supporte pas le bruit du carton qui couine quand on le découpe (ça me fait mal au dent) j'ai passé les 10 minutes suivantes la mâchoire serrée pour pas que mes dents tombent...


Très vite j'ai compris que j'pouvais pas rentrer en métro avec mes cartons pour la simple et bonne raison que dépliés, ils font le double de ma taille... il a donc fallut que j'appelle mon homme, lui demander comment il allait et si accessoirement et par hasard il pouvait venir chercher 2 p'tits trucs... A la question "quoi ?" j'ai répondu "2 cartons"... A la question "on déménage ?" j'ai répondu "nan". A la question "c'est pour quoi faire ?" j'ai répondu "une cabane au Petit " au silence qui a suivi j'ai rien répondu... quand il a dit "ok je viens, j'ai été soulagé... et j'suis un peu redescendue de mon état de transe... Ceci dit je me demande ma réaction s'il avait osé dire non... Bien sur il a dit oui, il dit toujours oui...

Le temps qu'il arrive c'est le temps qu'il m'a fallut pour quitter ma planète,  mon coeur a repris une activité normale et chaque fois que mon regard croisait les cartons (ah j'ai pas dit ?  j'en ai pris 2 finalement !... bah oui j'ai deux enfants...), j'me suis dit que j'étais vraiment malade... J'avais pleins de taf, des trucs urgents à finir mais de pouvoir imaginer mon fils heureux dans son carton a tout effacé, squizzé... ma priorité a été d'aller faire de la retape dans tout les bureaux ou j'ai passer  ma tête en chuchotant "hey, hey hey tu gardes ton carton ?" ...

Mon homme est arrivé avec dans les poches son permis poids lourds et s'est pris la tête pour enfourner les cartons dans le coffre... mon fistouille était à l'arrière... quand je lui ai dit que c'était pour lui, ses yeux ont clignotés... BINGO !  Je le savais...C'est pas difficile... en même temps, moi même j'en ai fabriqué des trucs cartonnés petite... j'ai eu des maisons en carton, des tables en carton, des bibliothèque en carton, des wc en carton, des assiettes en cartons, des télés en cartons...

Bref,

Je suis pas rentrée tout de suite, j'avais une réunion desigual (1 mère sur deux en portait, aie les yeux) à l'école de ma fille...

Le soir, derrière la porte que j'ai ouverte y'a un truc de 6 ans qui m'a demandé "on fait la cabane ?" Pas le temps mon petit, demain promis (en vrai j'ai hurlé, p'tain j'ai la dalle, demain si tu dors tout de suite ! et arrête de m'aggriper j'vais appeler les louuuupsssssss)

après on arrive à ce matin...

Mon bonhomme s'est levé et m'a demandé de sa petite voix ensommeillé si j'étais prête... nan je l'étais pas mais j'ai fondu, j'avais prévu de faire des choses plus importante (surfer sur internet, me faire quelques épisodes de CT) mais bon, priorité à l'enfance et au souvenirs cartons pâteux... alors ciseaux et scalpel en main, on a coupé, découpé... bien sur n'importe quelle mère aurait fait mieux, une vrai cabane de chef, mais j'ai laissé faire mon l'architecte qui avait des exigences particulières... comme faire un trou pour faire passer le fil de sa ds... j'ai fait une fenêtre... Parce que je suis une professionnelle, les travaux ont duré le temps de quelques chansons... 10 minutes au plus...

10 minutes d'investissement... il à l'heure ou je vous écrit 11h30, mon fils y est toujours... il veut y manger dedans, il veut y dormir aussi...

que rajouter ?

Qu'entre temps ma Grande est rentrée du collège, a reluqué curieuse la construction et s'est moqué de son frère d'un "tu es ridicuullllle"... Puis elle a été déposer dans sa chambre son sac,ses pompes, son adolescence et est revenue pour se plaindre "ah bah si j'comprends bien, moi j'ai pas le droit à ma maison ?"... On s'y remet cet après midi...

10 oct. 2010

Sans le moindre maux

Hier ma fille en ouvrant un tiroir qui me dit "oh maman ça sent bon ikéa"... 
Ce matin ma soeur qui se souviens qu'on est le 10/10/10 s'inquiète d'un futur 13/13/13...
Ce matin une amie surprise par les paroles de sa fille qui dit devant sa soeur qui vient de naitre "oh t'as vu maman, elle est belle comme la belle au bois dormant, tu sais quand elle est morte"

C'est rien, c'est pas grand chose, ces paroles qui s'envolent, surprenantes, bousculantes... les mots sont des poèmes, des tortures... les mots sont des sentiments, la bouche un formidable instrument... 

9 oct. 2010

La vie c'est ce samedi matin...sauf pour les lapins... L'inconnu du balcon...

Aujourd'hui j'ai l'humeur délicieuse et légère... Tout me paraît simple, logique, cadré comme dans les pages d'un catalogue ikéa... Mon fils allongé sur le canap' rouge fume sa teuteutte, sa déesse entre les mains... Ma fille, dans sa chambre la porte ouverte fait ses devoirs sans que j'ai eu même l'intention de lui demander... Mon zom chante sous sa douche et moi je pianote du clavier...

Tout est calme, no télé, no musique...  ambiance sereine, aucun stress... Je ne sais pas encore si je vais sortir ou traîner en pyjama et j'aime cette incertitude qui me couvre d'apaisement... Je sais c'est con mais ça me fait un bien fou de savoir qu'aujourd'hui je fais ce que je veux, complètement disponible pour moi... pas de rendez vous, pas de sorties/virées prévues... aujourd'hui je larve, je glande, je traîne en pyjama ou en robe de gala je ne sais pas encore ! Il fait beau dehors, un soleil d'été en ce mois d'octobre... Un beau jour... enfin pas pour  le lapin qui vient de passer dans la casserole de ma voisine du dessous... J'ai la porte fenêtre ouverte et un fumet exquis vient me chatouiller les narines... Je le reconnais entre mille, c'est mon plat préféré... Celui de mon enfance, de ma nounou qui fait le meilleur lapin aux champignons du monde... que dis je ? de la GALAXIE... Donc, ma voisine doit recevoir du monde... cool... comme il fait beau, que je n'ai rien à faire je vais squatter incognito mon balcon et écouter les discutteurs du dessous... Puisqu'ils vont se régaler de nourriture, moi je vais le faire de leurs paroles... Plus que de la curiosité, j'adore écouter les gens vivre... j'aime les écouter refaire le monde, j'aime j'aime j'aime...

Je continue cet article pour parler d'un blog que j'aime beaucoup et qui n'a pas besoin de moi pour faire sa pub... Ce blog c'est l'inconnu du métro... J'adore le concept, et comme je l'ai dit plus haut il nourrit  complètement ma curiosité que je pense (et j'espère) “saine” et que j'ai pour les gens, les autres depuis toujours… Les gens, les madame, les monsieur, les zenfants. Eux que je croise souvent sans les voir, et qui me touche parfois assez pour m'arrêter et les regarder aussi longtemps que la décence me le permet.. Je dis souvent que je suis une petite vieille… J'adore m'asseoir sur un banc et reluquer mes contemporains.. J'adore essayer de deviner leur vie, leur tricoter des drames et des joies… Là nul besoin de mon imagination, Marie ose faire ce que j'adorerais oser, aller les voir, m’asseoir à coté d'eux et les écouter me raconter leur fabuleuse vie…
Je me suis laissée emportée par ce blog, par ses rencontres… ces visages anonymes qui pendant quelques minutes prennent vie et se racontent à travers l'objectif et les oreilles de Marie me touche et me capte…

24 sept. 2010

4 ans en une seconde

-"oui bah maman toi t'as 40 ans"
-"eh chérie j'ai pas 40 ans j'ai 36"
-oui bah j'arrondis au mieux que je peux"

Que rajouter ?
Elle va avoir 10 ans et elle me jēte mon futur age à la tronche...
Que lui répondre ?
Que si je lui rajoutes 4 ans comme elle vient de le faire, ça lui fait 14 ans...
14 ans elle en est loin,  aussi loin que moi que des mes 40
elle ne s'en rends pas compte
pour elle j'ai 40 ans ! Déjà...
Dans mon ventre, elle avais rien, j'en avais 26 !
:shock:

Le temps qui passe...