Ma mère et moi c est un poème sans le M, ni la peau... Entre nous, il n’y plus rien si il y eu quelque chose un jour (?)
Je me rends compte qu’elle m’a toujours niée, je ne pensais pas cela possible je suis mère moi même, mais elle ne m’a jamais aimé…. J’ai été son jouet, une aide sociale à tout les sens du terme, une façon pour elle de se plaindre, de se faire plaindre, d’être fière, ou de faire croire qu’elle était fière mais c’est tout. Je n’ai existé pour elle que pour la faire exister. Je le dis sans rancune, sans aigreur, je crois que c'est juste la vérité...
Au commencement, il y a des bases fragiles. J’ai onze ans quand je vais vivre chez elle, quand je la rencontre vraiment. Tiens, onze ans... juste l’âge de ma fille . Si j’avais encore des larmes, là je pleurerais. D'imaginer ma fille sans moi, de la savoir abandonnée, ça m'tord les boyaux...
J’ai été une enfant trop obéissante à l’intérieur de « chez moi » (enfin chez elle) et bordélique à l’extérieur. J’ai tenté de grandir, un boulet au pied… elle ! J'ai connu la honte, la peur, l'humiliation et d'autres choses...
Je suis repartie tôt. A 16/17 ans, j’ai fui comme j’ai pu, n’en pouvant plus des cris, des larmes, des peurs, des représailles, j’ai quitté le navire, ou disons plutôt qu’on m’a vite retiré pour me placer une nouvelle fois. Evidemment j'ai très peur de souvenirs de ces quelques années, je garde juste cette sensation de peur, d'insécurité qui me rattrape parfois au colebac, je ne me sens jamais à l'abri.
J’ai gardé des liens avec "elle", pour mes frangins déjà,et parce qu’il est difficile de se construire sans parents aussi. Il me restait ma mère, même tordue, son identité me permettait de me faire la mienne. En gros, le jeu c'était de me constuire à l'inverse d'elle. Elle mentait, j’ai longtemps été incapable de mentir même pour des trucs à la con, elle critiquait tout le monde, je me faisais un honneur de ne pas le faire. Elle était moche, j’étais moche (et oui, yça ne marche pas tout le temps)
...J’ai rencontré mon homme, j’ai eu des enfants et puis un jour j’ai plus pu… plus pu la laisser me raconter des horreurs sur tout le monde, plus pu l’écouter parler d’elle, jalouser tout même son paillasson, ses délires de persécussion, sa façon de vouloir me faire du mal à travers les autres, les menaces jamais frontales, j’en ai eu marre de fermer ma gueule, j’ai fermé la porte à double tour, cloutés les volets, construit une zone marécageuse devant ma porte, eteinds les lumières qui attirent les mouches à merde… basta, j'ai verrouillé ma vie à la sienne ! Ca semble facile, ça ne l'était pas...
Des nouvelles de temps en temps par une de mes sœurs qui se prenaient des coups dans la gueule, par les éducs qui m’appelle et me demande de l'aide en acceuillant ma soeur... Qui en récupère une autre qui s'est fait virer à coup de couteau, de mon frère viré lui aussi du jour au lendemain et qui restera un an chez moi… des gnognottes quoi… Elle reste un fil rouge, celui de la colère.
Et hier, la blague de trop, un message de ma sœur qui me préviens que samerelapute veut que je lui verse une pension… à la façon dont je m’allume directe, je sais que je ne suis pas guérie... Je l’appelle ! Après des années sans nouvelles directes, je l'entends.... Etonnemment la conversation se passe bien, elle pleurniche, s’excuse, me dit qu’elle m’aimebeurk. Ca dure un certain temps. Je suis fière de moi même si je raccoche un peu sonnée de lui avoir parlé comme on parle à une enfant... Je me dis qu’on a avancé. J'envisage même d'aller la voir le lendemain... Une premier texto de ma sœur me le confirme, ma mère a l’air heureuse, sourit. Je lui dit que j’en suis ravie. Le répit est de courte durée, je reçois un texto dans la foulée de ma mère qui me dit que je suis une grosse merde et que je suis responsable de tout ses malheurs.
Bref, jusqu'ici j'avais tout supporté... mais ce fut le texto de trop. Et puis me dire, oser me dire que quand même j'avais eu une mon enfance heureuse, ET QU'ELLE AVAIT TOUT FAIT POUR MOI ! Me salir ne suffit pas, elle salit aussi la mémoire de mon enfance ! Qu’elle me parle d’elle et de ses bobos, de ses suicides, de ses angoisses, qu’elles taisent les miennes alors que j’ai crevé et que je crève encore de ces folcocheries. Qu’elle aille se faire foutre !
Hier,’ai compris hier que vraiment c’était fini. J'ai perdu ma mère.
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